Pour une éthique animale


Catégorie : Éthique animale

Kundera, passages choisis sur le rapport à l’animal

Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être, VII, 2 « Tout au début de la Genèse, il est écrit que Dieu a créé l’homme pour qu’il règne sur les oiseaux, les poissons et le bétail. Bien entendu, la Genèse a été composée par un homme et pas par un cheval. Il est plus probable que l’homme ait [...]

Les fondements d’une théorie de la justice globale à partir de l’approche par les capacités

Nussbaum, Par-delà la compassion et l’humanité, justice pour les animaux non humains Cet article trouve place dans un recueil de textes réunis par H.-S. Afeissa et J.-B. Jeangène Vilmer et  paru en mai 2010 : Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté. Le recueil est structuré en trois parties : « Humanité et animalité », « Ethique animale » et « La communauté [...]

L’ambivalence du devoir de compassion chez Rawls

Dans Théorie de la justice, Rawls donne deux raisons pour lesquelles les animaux ne peuvent être inclus dans la théorie contractualiste : la première est que Rawls situe les conditions de possibilité de l’inclusion dans la sphère juridique et morale des animaux la rationalité et le sens de la justice, qu’il leur dénie. Par conséquent, [...]

Une éthique animale peut-elle avoir du sens ?

Je réponds ici au commentaire de Kus publié ici. Les énoncés d’une éthique animale ne rempliraient pas les conditions sous lesquelles elles pourraient être douées de sens : 1ère condition : les énoncés d’une éthique animale ne sont pas capables de nous faire prendre conscience du mal que nous faisons aux animaux. 2ème condition : quand [...]

Les deux conditions sous lesquelles une éthique animale peut seulement être douée de sens ne sont pas remplies. Commentaires de Kus

Je retranscris ici un commentaire de Kus (visible aussi ici). Mon interrogation portait sur les conditions sous lesquelles les énoncés d’une éthique animale ont du sens. Vous m’objectez d’abord que nous n’avons pas toujours conscience de mal agir. Je ne puis qu’être en accord avec vous. C’est l’argument classique de la cruauté qui se cache [...]

L’éthique animale, procès fictif et accusés imaginaires ? Réponse à un commentaire

Une courte réponse à un commentaire très intéressant, que je retranscris ci-dessous: Commentaire de Kus Merci pour votre blog : essayer de penser une éthique animale me semble être un défi de grand intérêt. Je souhaiterais néanmoins me faire l’avocat du diable, en formulant une objection à votre démarche. Je ne veux témoigner d’aucune hostilité [...]

L’empathie : intuition immédiate versus sentiment construit

Au paragraphe 9 du Précis de théorie de l’histoire, Droysen assigne à l’impossibilité d’une éthique débordant l’humanité une cause précise : nous ne saurions comprendre les animaux, les plantes et les objets du monde inorganique. Du moins notre compréhension est-elle bornée et erronée : « Nous ne les comprenons qu’en partie, seulement d’une certaine façon – selon certains [...]

S’abstenir au nom du risque ?

L’approche abolitionniste considère que tout commerce entre animaux humains et non-humains se place sous l’égide du doute : quand bien même l’humain aurait les meilleures intentions du monde, son rapport aux êtres n’appartenant pas à son espèce est par nature risqué. Sa supériorité lui confère un pouvoir dangereux qui, certes peut être endigué, limité et renfermé [...]

Relier

Matisse, La Joie de vivre L’exploitation animale a pu être légitimée par un argument qui tient plutôt du constat : l’empathie animale se limite à l’espèce. Si des structures d’organisation coopérative ont pu être observées, elles sont mises en œuvre pour relier des membres d’une même espèce. Seul l’homme, par la communauté domestique qu’il instaure [...]

Critique de la possibilité d’un non-préjudice

Certains penseurs légitiment l’exploitation animale dans le cadre d’une production et d’un élevage exempts de souffrance : quand bien même, de fait, ces conditions ne sont pas réunies (laissons de côté le problème de l’effectivité d’une telle mise en œuvre), en droit la consommation des animaux est acceptable puisque le problème n’est pas de tuer [...]

Le sujet de la souffrance

Quand j’étais encore élève au lycée, notre professeur de philosophie, au demeurant excellent, avait prononcé une phrase qui m’a marquée longtemps, et qui est sans doute l’un des obstacles impénétrables qui m’a le plus ralentie voire arrêtée sur la route de mon questionnement sur l’animal. Cette phrase était la suivante : « l’animal ne souffre [...]

Pourquoi j’ai mangé un oeuf

Dans la première partie, chapitre III de son livre Éthique animale, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer expose les grandes directions qui jalonnent le débat philosophique contemporain en éthique animale : l’utilitarisme (Singer), le déontologisme, la théorie des droits ou abolitionnisme (Regan, Francione), l’intuitionnisme (Saptonzis, Clark), le pragmatisme (Light et McKenna), l’éthique du care (Luke) et l’approche par [...]

Le concept d’alibi

J’aimerais revenir sur la notion d’alibi. Qu’est-ce qu’un alibi ? Notons qu’il s’agit d’un adverbe latin signifiant ailleurs. Je cite mon dictionnaire étymologique (Editions de la Seine, collection Maxipoches Langues, 2006) : « Le mot a été importé dans la langue juridique médiévale (on parlait latin dans tous les tribunaux) pour désigner un argument prouvant [...]

Les discours-alibi

Dans le chapitre 5 de la première partie de son ouvrage, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer propose une analyse féconde des stratégies d’exclusion que nous mettons en œuvre pour justifier notre exploitation des animaux. Ce passage d’Éthique animale est à mon sens très éclairant : il a le mérite de montrer le soubassement social et matériel des [...]

L’anti de l’antispécisme : l’expression négative du positif

L’antispécisme, malgré sa dénomination négative, nous semble être une notion fondamentalement positive : si du point de vue de la langue, il apparaît comme ce qui vient contredire une réalité première (le spécisme), d’un point de vue moral il manifeste bien un principe. Le spécisme n’est que faussement premier : il ne l’est que de [...]